6.01.2017

Mon année tumul(tueuse)

En vacances depuis une semaine, je trouve enfin du temps pour écrire cet article qui me tient particulièrement à coeur, puisque c’est une sorte de bilan de ma vie depuis un an, ce par quoi je suis traversé et j’ose espérer que cela pourrait aider à comprendre tout ce mystère et cette incompréhension qui peigne autour de la première année de médecine.

On dit souvent que c’est une année horrible ou ta vie s’arrête un peu, certains le vivent même très très mal (mais je ne développerais pas ce point ici) et d’autres peuvent le vivre plutôt bien. C’est une expérience qui est différente pour chaque personne. C’est un peu des Hunger Games à notre façon, nous sommes 1500 et seulement 450 étudiants - toutes catégories confondues (pharmacie, sage-femme, médecine, dentaire, kiné) - en sortira vainqueur. On peut trouver ce système assez injuste, et il l'est sans aucun doute, puisque des personnes qui pourraient faire des médecins formidables ne sont pas admissibles pour la suite, tout ça à cause d’un concours classant.

C’est peut-être dur à dire, mais durant cette année, nous sommes juste un numéro.

Cependant, ne vous méprenez pas, cette année peut nous apporter aussi de bonnes choses.

P.S : si vous avez une question, besoin de n’importe quelle information, n’hésiter surtout pas à me les poser en commentaires ou même par mail d’une façon plus anonyme.

Commençons par le moins bon, je ne cache pas qu’il y a beaucoup à dire, mais autant s'en débarrasser maintenant. De plus, en faisant la conclusion de mon année, je me suis rendu compte que certains points négatifs peuvent, d‘un certain point de vue, vous apprendre énormément sur vous-même et pourquoi pas se transformer en positif pour votre futur.

L’une des choses le plus compliqué à appréhender n’a pas été la difficulté des cours (je ne dis pas que c’est facile, bien au contraire, je vous prends l’exemple de l’anatomie, les membres supérieurs et inférieurs sont une horreur à apprendre). Le plus difficile est la masse de boulot (je vous invite à aller voir des photos sur internet, il y en a des tas et c’est très équivalent). 
Pour pouvoir gérer, il faut être d’une assiduité impeccable, motivé et avoir une concentration d’acier. On nous répète durant toute l’année que l’idéale serait de réviser les cours du matin l’après-midi, mais on a tous dû faire des choix et s’organiser comme on le souhaitait, car oui, n’oublions pas que cela reste une fac et que par conséquent, nous sommes très libres. De mon côté, j’ai préféré m’acharner sur les unités d’enseignement les plus importantes (Anatomie, Physiologie, Embryologie) et je me suis dit que je reprendrais plus tard tous les petits et aussi au fur et à mesure (Biostatistiques, Médicaments, Etymologie).

Je vois déjà vos réactions « Quoi, laisser de côtés les Médicaments? ». Je vais peut-être vous décevoir en vous disant que ça ne compte pas beaucoup et qu’en plus de cela c’est une spécialité (coefficient 15 face à du 40 en anatomie).

Par la suite, le rythme est très soutenu, les cours commencent à 7h45 et je me couchais aux environs de 22h30 quand je commençais tôt. Quand on était en révisions je dormais bien moins.
C’est donc très stressant et votre état psychologique est très vite atteint (mesdemoiselles, si vous vous lancez là-dedans attendez vous a parfois déversé un océan). Petite anecdote, au début de l’année, je me souviens m’être mise à pleurer tout simplement car, je m’acharnais sur un exercice de chimie. Parfois, il faut savoir s’arrêter 5 minutes, souffler un bon coup et passer à autre chose. 

Après le côté psychologique, celui physique en prend aussi un grand coup. Je vous le dis tout net, je ne suis pas d’une nature très sportive, mais j’aimais bien faire des petites séances par si par là. A l’heure d’aujourd’hui, j’ai dû faire une séance depuis le mois de septembre - on se met d’accord que courir pour avoir le bus à l’heure ne compte pas mdr -. Je ne vous cache pas que la tonicité n’est pas au rendez-vous et que j’hésite à me mettre en maillot de bain cet été (bon je n’ai pas pris que 1 ou 2 kg, mais j’ai un passé à ce sujet, ce qui fait que ça m’atteint assez rapidement), des copines ont pris jusqu’à 8kg. No panic, certains en perdent. Chacun réagit de manière différente.

Derniers points : adieu les passions (d’où ma grande absence sur le blog, voir ma disparition. Je continuais tout de même à lire les blogs que je suivais. Et puis, je n’avais même plus le temps de lire donc.... D’ailleurs, j’ai repris et je viens de terminer Jamais Plus de Colleen Hoover, l’article arrive d’ici peu 😉).


Ça existe ? 
Bien sûr.

Le premier est probablement le plus important. C’est le fait de rencontrer des personnes formidables avec qui vous liez, très rapidement, une amitié basée sur de belles valeurs : une non-compétition, de l’empathie, une compréhension absolue et par conséquent une grande écoute. Certaines de ses valeurs se retrouvent d’ailleurs pour être une bonne personne soignante.
Sincèrement, je ne pensais pas trouver ça, mais j’ai été agréablement surprise.

Certains y trouvent même l’amour (bon bah pas pour moi mdr #deception). Non, plus sérieusement, j’ai encore une petite anecdote !
Au 2eme semestre, je pense qu’on me pistait tellement la probabilité est nulle, mais bref, il y avait un couple et je vous jure que tout le matin, il était en face ou à côté de moi, mais toujours dans mon champ de vision. C’était horrible. Je n’en pouvais plus. Mais ce n’est même pas le fait qu’ils soient en couple qui me dérange, au fond, je m’en fiche un peu, c’est bien pour eux), mais là, c’était un cas à part. En effet, ils passaient leur temps coller, à se faire de petites papouilles, s’est limité s’ils ne s’embrassaient pas en plein milieu du cours. C’est un truc qui me dépassait. Ce n’était pas comme si je pouvais les ignorer, puisqu’ils étaient juste devant moi.

Bref.

Je pense aussi que la première année de médecine vous fait gagner en maturité. Par ailleurs, à la fin de l’année, je me suis rendu compte que j’avais fait partie de ce truc énorme qui regroupe plus de 1 500 étudiants dans un amphi, j’ai passé 2 concours, 2 concours blanc, 26 kholles et au final, ce n’est pas rien. 
Peut-être que je n’aurais rien au bout, mais je ne regrette pas d’avoir fait partie de cette aventure - en plus, on a eu le droit à un super tonus à la fin de l’année, c’était génial et ça permet de décompresser un truc de fou -.

Maintenant, je vais m’adresser aux futurs étudiants de médecine et aux étudiants d’une manière générale, vous n’avez qu'à enlever le vocabulaire rapportant aux médicales). Ne vous lancer pas dans quelque chose qui ne vous passionne pas, de nombreux élèves se retrouvent dans des filières sans aucune envie, mais ne faites pas médecine si vous n’en êtes pas passionné. Personnellement, je me sens destiné à ça, c’est horrible à dire alors que je ne sais même pas si je vais continuer, mais je le dis toute ma sincérité. Si vous êtes assez neutre, ne vous lancer pas là-dedans, vraiment, c’est pour vous, ce serait s’auto-flageller (et être masochiste).

Mais battez-vous pour votre rêve.
Et quoi qu’il arrive, n’oubliez jamais, la vie continue. 




7 commentaires:

  1. Le courage que tu as eu cette année !
    Avant je voulais faire médecine, mais je ne pense pas avoir un assez bon morale (par rapport aux patients malades, ect, ca maffecterai trop)
    Et puis les études.. de ce que tu en dis ca parait beaucoup trop compliqué ! 😱
    Tu as tout as fais raison, il ne faut pas se lancer dans quelque chose qui ne nous plait pas spécialement.
    Mais j'espère vraiment que les cours ne sont pas aussi compliqué et stressant et épuisé dans toutes les branches! (Je commence l'université en Belgique au mois de septembre ahah)

    En tout cas j'espère de tout coeur que tu as réussi ! 😘

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    1. Tout d’abord, merci pour ton commentaire et tes encouragements à la fin. Pour ma part, je pense que toutes les études ont leur part de difficulté, c’est juste qu’elles sont toutes différentes (que ce soit au niveau d’évaluation, de comment on apprend). En tout cas, je te souhaite aussi toute la réussite et j’espère que la Belgique te plaira 😊, tu vas faire quoi comme études là-bas ?
      💕

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  2. Je sais que les études de médecine sont très très éprouvantes. J'ai déjà vu des commentaires sur les réseaux sociaux. Je ne suis pas du tout destiné à cela, loin de là. Les sciences et moi, ça fait deux ^^
    Après, en septembre, je commence enfin les études supérieures en institutrice primaire (ou professeur des écoles, en France). J'ai hâte :D Et, en même temps, certaines appréhensions, c'est normal !
    De toute façon, je pense qu'aucune étude est facile et qu'il faut bosser pour y arriver :)

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    1. En ce moment j’attends les résultats et c’est pas super facile, car c’était vraiment ce que je voulais faire et te dire que non tu dois trouver autre chose... enfin bref. En tout cas, c’est super que ce que tu veux faire (c’est honorable, tout le monde n’est pas non plus fait pour le métier de l’enseignement et surtout que c’est dans le primaire que les enfants acquiert leur bases pour l’avenir). J’espère que tu vas t’épanouir là-dedans et te souhaite toute la réussite possible !! 😊💕

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    2. Je croise fortement les doigts pour toi ! 💕
      En effet, tout le monde n'est pas fait pour ce métier. Après, c'est un de mes rêves depuis mes 10 ans : enseigner ! :)
      Merci pour ton gentil commentaire ;)

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  3. Ton article est très constructif.. Je n'ai pas vécu la fac mais je sais que c'est très difficile et que beaucoup craque sous la pression. Tu peut être fière de ce que tu as déjà accompli ^^

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